Pas qu’une question de taxes…

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L’Est Républicain, Samedi le 25 Mars 2017 / Pont-à-Mousson-région / Pont-à-Mousson


Les taxes augmentent… pour rien ?

C’est un budget historique. Pour la première fois, la com’com du Bassin de Pont-à-Mousson est contrainte de puiser dans son bas de laine et d’augmenter deux taxes, pour boucler son fonctionnement.

Dix-huit contre, onze abstentions, trente-six pour. Jeudi soir, les élus communautaires ont voté sur le fil, l’augmentation de la taxe d’habitation et celle des ordures ménagères. (Photo E.V.)

S’il ne fallait en retenir qu’un, ce serait lui : Claude Robert. Un stakhanoviste des chiffres. Le seul peut-être, à s’être plongé avec délectation dans les 520 pages du dernier conseil communautaire. L’un des rares, aussi, à dénoncer le sombre tableau « vendu » par la majorité. Certes Gérard Liger, le vice-président aux finances, a bien tenté d’expliquer la nécessité d’une « augmentation à mi-mandat », dans un contexte d’incertitudes, quant à la nouvelle donne engendrée par la future présidentielle. Justifier encore d’une baisse des dépenses communautaires qui s’avère le gage « d’une rigueur de gestion au quotidien ».

Mais augmenter la taxe d’habitation de 2,5 % et autant pour celle des ordures ménagères, s’avère un exercice qui reste en travers de la gorge de plusieurs édiles. « Je suis contre cette augmentation (ndlr 5 € au total par habitant), à un moment où nous n’en n’avons pas besoin. Le tableau n’est pas si noir que cela. On augmente ces taxes, alors qu’il nous restera 450.000 € en fin d’année. Quand on fait un budget, il faut qu’il soit sincère. Celui-là ne l’est pas », tacle avec vigueur le maire de Vandières.

À côté de lui, quelques minutes plus tôt, Julien Vaillant avait lui-aussi gratifié l’assemblée d’une grosse colère. « On a un budget qui est déficitaire, et c’est la vérité. Certes, il y a de graves difficultés liées à nos contributeurs. Nos recettes baissent. Il y a une rupture que l’on fait peser sur les ménages. On va mourir guéri », dénonce Julien Vaillant, fustigeant au passage « l’anticipation des besoins » et « les insuffisances de la politique de développement économique ».

La remarque a eu le don d’irriter le président Lemoine. Mais également Henri Poirson, le vice-président au développement éco. Certes, il bosse. Ce qui ne l’empêche pas de regretter l’augmentation. « On va pénaliser nos habitants à travers ces hausses, et on ne résoudra pas le problème. Il nous faut une stratégie pour l’avenir », juge le maire de Dieulouard, sur la même longueur d’ondes que celui de Blénod. « Si l’on veut de l’argent, il faut aller le chercher sur un projet, et ne pas demander à la population de faire des efforts », pointe Bernard Bertelle. Tandis que des maires de petites communes, regrettent encore le mode de calcul de la TEOM. René Bianchin, en charge du sujet, évoque des pistes pour l’avenir. À la clé, plus d’équité et une baisse des coûts. Mais rien n’y fait, jeudi soir, le budget a été voté, la hausse des taxes aussi.

Emmanuel VACCARO